Bourses chinoises

Clôture du 9 février 2010

SHANGHAIComposite

2.948,84 pts

+13,67 pts

+0,47%

SHENZHENComponent

11.970,44 pts

+23,10 pts

+0,19%

HONG KONGHangSeng

19.790,28pts

+239,39pts

+1,22%

TAIWAN Twii

7.361,04 pts

+145,16pts

+2,01%

Taux de change : 1 $ =6,8267 yuans / 1 € =9,3628yuans

mardi 9 février 2010

Infrastructures

CHINE-INFRASTRUCTURES. Des routes chinoises à profusion mais mal construites, sans raison et sans trafic!

Le gouvernement chinois dépense sans compter pour des infrastructures. Reste que celles-ci ne sont pas toujours à la hauteur de ses communiqués triomphants.

Construire des infrastructures semble être l’obsession du gouvernement chinois. Lors de l’apparition de la crise économique et financière, le plan de relance concocté immédiatement par Pékin d’un montant de 485 milliards de dollars prévoyait, pour une bonne part, la construction de nouveaux équipements en la matière sans que l’on sache très bien si le pays en avait bien besoin et si ceux-ci avaient un quelconque intérêt. Selon le professeur Lin Kun-Chin du King’s College, la réponse est souvent négative pour ce qui concerne le réseau routier.

Lors d’une conférence à l’IFRI (Institut français des relations internationales), il a expliqué que beaucoup de routes ne se justifiaient pas (autoroutes là où de simple routes auraient suffi, trafic inexistant, etc.), que de nombre d’entre elles étaient mal construites et mal entretenues (ce qui les rendaient inutilisables quatre ans après leur ouverture), que leur seul raison d’être était de pouvoir s’enorgueillir d’avoir construit des kilomètres de macadam pour les fonctionnaires locaux. Du coup, la Chine aura sans doute un réseau routier plus long que celui des Etats-Unis dans les années qui viennent mais de mauvaise qualité et sans véhicule pour l’emprunter (le trafic chinois est estimé à 15% de celui des pays de l’OCDE).

Lin Kun-Chin a cité des exemples édifiants de routes devenues impraticables et dont on construisait un double juste à côté. A moins que cette deuxième route ne soit qu’une façon pour les autorités locales de récupérer la manne financière d’un trafic important. Ainsi, pour ne prendre aucun risque économique, certaines provinces délèguent à des sociétés privées la construction de routes avec péages. Lorsqu’elles s’aperçoivent que celles-ci sont rentables, elles construisent des routes parallèles en imposant aux véhicules officiels de les emprunter conduisant la société privée à faire faillite et permettant ainsi de supprimer la concurrence… Sans parler de routes à double-voies là où une route de terre aurait suffi ! Au-delà d’une bureaucratie souvent incompétente ou d’intérêts financiers locaux, le biais politique est la première raison de cette gabegie des deniers publics mais aussi privés. Et, bien entendu, une autre raison importante est la possibilité de faire gonfler artificiellement un taux de croissance puisque ces dépenses en infrastructures routières se retrouvent dans les dépenses d’investissement qui en représentent plus de la moitié (l’académie des sciences de Chine estimant que sur les 11 points de croissance prévue en 2010, 6,3 viennent des investissements qui comprennent les dépenses en infrastructures).

Alexandre Vatimbella

© 2010 LesNouveauxMondes.org

lundi 8 février 2010

Economie

La Chine prévoit une croissance de 11% de son économie en 2010

Selon un rapport de l’Académie des sciences de Chine, le PIB du pays croîtra d’un pourcentage à deux chiffres grâce surtout à l’investissement et la consommation intérieure.

Pour les experts de l’Académie des sciences de Chine, le PIB du pays devrait connaître une croissance aux alentours de 11% en 2010. La plus grosse part de celle-ci (6,3% sur les 11%) viendra des investissements et principalement des mesures de relance dans les infrastructures prises par le gouvernement notamment dans les secteurs agricoles et du transport. La consommation intérieure sera aussi un des moteurs importants de la croissance (4,2% sur les 11%) selon le rapport de l’organisme public chinois. Enfin, les exportations devraient croître mais ne participeront que pour 0,5% des 11% de croissance attendue. A noter que la progression du PIB devrait s’accompagner d’un retour mécanique de l’inflation qui est estimée par l’Académie des sciences à 3,06% en 2010.

Alexis Levé

© 2010 LesNouveauxMondes.org

dimanche 7 février 2010

Economie

L’OCDE pointe les forces mais aussi certaines faiblesses du développement chinois

Dans un long rapport, l’organisme international publie sa première enquête sur le pays depuis cinq ans. Celle-ci revient sur la forte croissance de son économie qui a permis à la Chine son formidable développement mais aussi sur les risques qui planent sur sa pérennité.

L’OCDE (Organisation de coopération et développement économique) voit dans le développement de la Chine ces dernières années une réussite et estime que celui-ci va continuer sans trop de problèmes. Mais même si l’optimisme est de règle dans l’étude que l’organisation internationale vient de publier - tranchant quelque peu avec celles venues d’autres horizons qui mettent plus l’accent sur les risques des choix de développement de Pékin -, elle pointe néanmoins la nécessité de continuer à réformer le système financier chinois mais aussi de mettre en place un vrai système de protection sociale efficace.

Voilà les principaux points de cette étude:

Depuis 2005, le pays «a continué de connaître une expansion rapide. L’activité résiste aussi remarquablement bien à la crise mondiale, grâce notamment à une action macroéconomique prompte et vigoureuse. Il est prévu que l’expansion économique se poursuive à moyen terme et que la Chine voit sa part dans l’économie mondiale augmenter encore. Malgré le recul récent de l’excédent de la balance des opérations courantes, certains déséquilibres demeurent, notamment un taux national d’épargne trop élevé, mais les réformes en cours devraient les atténuer au fil du temps. Les réformes structurelles se sont poursuivies sur un large front ces dernières années, l’accent étant mis de plus en plus sur la nécessité d’assurer la cohésion sociale. Malgré tout, des efforts sont en cours ou devront encore être consentis dans plusieurs domaines pour préserver l’amélioration des niveaux de vie à plus long terme.

Renforcement du cadre de la politique monétaire. Le cadre de la politique monétaire de la Chine a peu à peu été davantage fondé sur les mécanismes du marché, la croissance monétaire étant le principal objectif intermédiaire. À terme, ce cadre devra accorder moins de place aux contrôles quantitatifs de la liquidité et plus aux variations des taux d’intérêt. Permettre une plus grande flexibilité du taux de change et accorder un poids plus grand à un objectif d’inflation faciliteraient l’ajustement de la politique monétaire en fonction des conditions macroéconomiques intérieures.

Poursuivre l’ouverture des marchés de capitaux. Les institutions financières chinoises sont aujourd’hui généralement plus fortes et mieux réglementées. (…) Cependant, d’autres réformes sont nécessaires, y compris la hausse des plafonds d’investissement étranger dans ce secteur, l’expansion du marché des obligations de société, la création d’un système formel d’assurance des dépôts pour les banques commerciales et le renforcement de la capacité de surveillance. De plus, il faut rester vigilant si l’on veut éviter une accumulation de prêts risquant d’être sous-performants.

Diminuer les obstacles sur les marchés de produits. (…) Les obstacles sur les marchés de produits restent globalement élevés, ce qui pourrait freiner la croissance à plus long terme. La concurrence et les gains de productivité peuvent être favorisés par un assouplissement des liens traditionnels entre les entreprises d’État et les autorités centrales, la réduction des charges administratives, la possibilité d’une plus grande implication du secteur privé dans les secteurs de réseau et la diminution des obstacles à l’investissement direct de l’étranger dans les services.

Unifier les filets de sécurité sociale. Des réformes ambitieuses ont été lancées dans la sphère sociale ces dernières années et des progrès tangibles ont déjà été réalisés (…). Pour progresser davantage, il faudra remédier à la fragmentation persistante de l’aide sociale et des systèmes de retraite et de santé, et favoriser dans le même temps une plus grande solidarité budgétaire dans l’ensemble du pays.

Faciliter la mobilité de la main-d’œuvre. Le marché du travail est résistant mais segmenté. Le système d’enregistrement et les restrictions qu’il implique pour l’accès des migrants aux services sociaux font obstacle à la mobilité de la main-d’œuvre et devraient être peu à peu assouplis.

Consolider les régimes de retraite. Pour assurer des taux de remplacement suffisants aux retraités, il faudra qu’une plus grande partie du coût des retraites, notamment dans les zones rurales, soit supportée par l’administration centrale et que l’âge de départ à la retraite soit relevé.

Progresser encore dans la réforme des soins de santé. Progresser vers des soins de santé universels, sûrs, abordables et efficaces exige qu’un plus grand rôle soit accordé aux soins primaires, que les hôpitaux soient gérés de façon plus efficace, que certains prix relatifs soient modifiés, que le personnel soit mieux formé et, en fin de compte, que les différents systèmes d’assurance soient fusionnés.»

Nicolo Morfino

© 2010 LesNouveauxMondes.org