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Les dernières actualités

mercredi 31 mars 2010

Editorial

Mais pourquoi la Chine se voit-elle si belle?

Den Xiaoping avait l’habitude de répéter à ses amis du Parti communiste chinois qu’il fallait avancer prudemment et que, pour traverser la rivière, il convenait de mettre ses pieds sur les pierres sauf à se noyer. Il semble que ces conseils ne soient plus de mise à Pékin où la formidable croissance économique du pays a réveillé les ambitions hégémoniques du pouvoir tant à l’intérieur avec la répression plus forte des dissidents qu’à l’extérieur avec la formidable suffisance d’une nation qui, soudain, se croit tout permis ou presque.

Pour certains experts, cette hubris des communistes chinois qu’ils alimentent auprès du peuple avec des discours de plus en plus nationalistes seraient une preuve de la puissance de l’aile dure et idéologique du PCC et l’affaiblissement d’une ligne plus pragmatique défendue par le Premier ministre, Wen Jiabao, et même par le Président de la république, Hu Jintao.

Les explications de cette volonté de redevenir le «centre du monde» sont nombreuses. Bien sûr, la Chine a été pendant des siècles la première puissance mondiale. Bien sûr, l’effondrement du pays au XIX° siècle et pendant la majeure partie du XX° siècle appelle des revanches d’un peuple fier sur sa décadence passée et sur les humiliations infligées par les Occidentaux et les Japonais. Bien sûr, le développement gigantesque du pays et sa réussite économique monteraient à la tête de n’importe quel leader politique de n’importe quel pays.

Mais il ne faut pas oublier non plus que tout pouvoir dictatorial dans l’histoire est tenté par cette volonté de surpuissance (Allemagne nazie, Italie fasciste, Russie communiste, Chine maoïste, etc.). D’autant qu’elle est un moyen d’entretenir une adhésion populaire. Ceci est d’autant plus vrai pour la Chine que le pays, toute grande puissance économique qu’elle est devenue, va faire face à des défis incroyablement dangereux pour son futur (et le futur du monde conséquemment).

Car les Chinois vont se trouver bientôt à la croisée des chemins. D’une part, ils vont devoir réorienter leur économie d’une machine exportatrice à une machine créatrice de consommation intérieure et de réduction des inégalités par la mise en place de programmes sociaux au risque de graves troubles intérieurs et de déséquilibres économiques catastrophiques. Et ce n’est pas gagné d’avance comme le savent certains dirigeants du pays qui appellent constamment à des efforts en ce sens.

D’autre part, la montée en puissance de la Chine inquiète. Sa suffisance et son agressivité ont jeté les masques pour bien des pays dans le monde. Pour les Occidentaux, bien sûr, mais aussi et surtout pour les voisins de la Chine, de l’Inde au Japon en passant par l’Indonésie et même la Russie. Du coup, le «softpower» à la chinoise tant vanté il y a encore deux ans par Hu Jintao et Wen Jiabao fait désormais figure de vieillerie qui n’a jamais servie. Même l’Afrique pourtant si accueillante aux capitaux chinois découvre que l’amitié sino-africaine ressemble souvent aux anciennes relations entre le colonisateur et le colonisé. L’environnement international devrait donc être moins favorable à la Chine et à ses intérêts dans les années qui viennent et elle pourrait se retrouver plus isolée qu’elle ne le pense.

Du coup, la Chine devrait se méfier de tant de confiance en soi. Celle-ci est bien sûr indispensable pour avancer et le pays a démontré sa grande force à se sortir d’un sous-développement en quelques décennies pour faire profiter 400 millions de ses 1,4 milliards de citoyens au miracle économique. Mais l’hubris, qui résulte souvent d’une confiance démesurée, lui, a fait s’effondrer bien des civilisations qui se croyaient invulnérables. Alors, un modèle capitalo-autoritaire n’en n’est certainement pas à l’abri!

Reste que l’on peut aussi se poser la question de savoir si cette agressivité chinoise ne dévoile pas aussi l’angoisse des dirigeants devant le futur extraordinairement dangereux du pays que nous avons évoqué plus haut. Car, pour continuer sur la voie qu’elle s’est tracée, la Chine va devoir faire face à des défis énormes comme, par exemple, nourrir convenablement sa population dans la durée alors que les terres cultivables sont quasiment toutes utilisées, sécurisée l’approvisionnement des matières premières dont elle a besoin pour faire tourner ses usines, créer un filet de sécurité en matière sociale pour sortir de la pauvreté des centaines de millions de personnes, empêcher les troubles sociaux et indépendantistes qui sont latents, relever le défi de la pollution de son atmosphère et de ses nappes phréatiques sauf à courir le risque d’une catastrophe écologique de grande ampleur, régler les problèmes de sécheresse et d’avancée du désert, trouver une solution au vieillissement de la population sans accroître démesurément sa population déjà trop nombreuse, donner de la liberté à sa classe moyenne tout en évitant une explosion démocratique qui pourrait aboutir à une explosion du pays tout court. Et l’on pourrait continuer cette liste. Alors la Chine se voit peut-être aussi belle parce qu’elle a peur de se regarder vraiment dans le miroir…

Alexandre Vatimbella

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mardi 30 mars 2010

Mondialisation - Economie

La Chine aurait investi dix milliards de dollars en Corée du Nord

Les récents investissements chinois dans le pays de Kim-Jong-il seraient autant économiques que diplomatiques pour ramener le dictateur à la table des négociations sur le nucléaire.

Selon la presse sud-coréenne, la Chine vient d’investir quelques dix milliards de dollars en Coré du Nord. De même, elle aurait obtenu le droit d’exploitation de deux îlots en territoire nord-coréen. Si le gouvernement chinois n’a pas confirmé cette nouvelle, selon les analystes, ces investissements auraient un attrait tout autant économique que diplomatique. Ceux-ci estiment que cette somme serait une sorte de levée déguisée des sanctions qui frappe le pays depuis qu’il construit sa bombe nucléaire. Et ce moyen détourné de donner un bol d’air à un pays asphyxié économiquement, permettrait à celui-ci de revenir à la table des négociations. Pour autant, la Chine, alliée inconditionnelle de la Corée du Nord, sorte de rempart contre la présence de la Corée du Sud et de son allié, les Etats-Unis, à ses frontières, devrait avoir du mal à convaincre la dictature de faire un geste, celle-ci attendant la levée effective des sanctions américaines et des aides économiques de la communauté internationale avant de se montrer éventuellement conciliante…

Alexandre Vatimbella

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lundi 29 mars 2010

Bric-Agriculture

Les pays du Bric s’engagent dans la coopération agricole

Réunis à Moscou, les ministres de l’agriculture du Brésil, de la Russie, de la Chine et de l’Inde veulent coordonner leurs politiques et lutter contre l’insécurité alimentaire.

Si le Brésil est une puissance agricole et que la Russie, après de nombreuses difficultés en la matière, veut le devenir dans les années qui viennent (même si elle importe encore des quantités importantes de produits pour nourrir sa population), l’agriculture de la Chine (manque de terres) et surtout celle de l’Inde (retard technologique et flambée récurrente des prix) continuent de connaitre de nombreux problèmes qui provoquent notamment une pauvreté endémique dans certaines zones rurales même si l’approvisionnement des villes est désormais correctement assuré et que les famines ont disparu.

Ces différences n’ont pas empêché les ministres de l’agriculture des quatre pays du Bric (Brésil, Russie, Inde, Chine) de se réunir à Moscou afin de discuter de la sécurité alimentaire, de la lutte contre le changement climatique ainsi que de la promotion et de l’échange d’informations en matière agricole.

Dans le communiqué final, les ministres ont défini quatre grands domaines de coopération: «mise en place d'un système d'échange d'informations, partage de l'expérience dans les domaines de l'agriculture et des stocks alimentaires, réduction de l'impact du changement climatique sur l'agriculture et développement de la technologie et de l'innovation dans le domaine de l'agriculture».

En outre, les pays du Bric demandent à la communauté internationale et notamment aux pays développés de mettre leur technologie au service des pays pauvres afin de leur permettre de pouvoir nourrir leur population.

Alexandre Vatimbella

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dimanche 28 mars 2010

Mondialisation - Commerce

L’OMC confirme que la Chine est devenue le premier exportateur mondial en 2009

Dépassant celles de l’Allemagne, les exportations chinoises ont été les plus importantes du monde l’année dernière. Une situation qui devrait perdurer.

La crise économique et financière mondiale n’a pas eu les mêmes effets partout, c’est le moins de que l’on puisse dire. Ainsi, en 2009, la Chine est devenue officiellement le premier exportateur mondial (avec un montant de 1.202 milliards de dollars) devant l’Allemagne (1.121 milliards de dollars) et les Etats-Unis (1.057 milliards de dollars). Bien entendu, cette passation de pouvoir s’est faite dans la douleur puisque c’est en fait un recul moins important des exportations chinoises par rapport aux allemandes qui l’ont permise. Reste que cette première place est dans l’ordre des choses même si elle s’est déroulée avec au moins un à deux ans d’avance par rapport aux prévisions. Mais les très bons chiffres de ce début d’année 2010 confirment que la Chine est partie pour rester en tête de nombreuses années sauf accident sévère ce que l’on ne peut toutefois exclure tant l’économie du pays semble en surchauffe.

Alexandre Vatimbella

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samedi 27 mars 2010

Mondialisation - Commerce

Après une baisse historique en 2009, le commerce mondial progressera de 9,5% en 2010 selon l’OMC

Selon l’organisation dirigée par le Français Pascal Lamy, la reprise du commerce mondial sera forte mais ne rattrapera pas pour autant le recul sans précédent de l’année dernière.

Dans une analyse sur les perspectives commerciales pour cette année 2010, l’OMC (Organisation mondiale du commerce) prévoit une hausse du commerce mondial de 9,5%. Pour l’organisation internationale, «le commerce et la production dans le monde traversent actuellement une phase de reprise. La chute de la production mondiale l'an dernier (-2,3%) a été la première de cette nature depuis la Grande dépression des années 1920 et 1930, et a amené les gouvernements de par le monde à réagir énergiquement par des mesures budgétaires et monétaires. (…) Ces mesures exceptionnelles semblent avoir réussi à prévenir une spirale baissière de l'économie mondiale.»

Du coup, l’OMC se montre optimiste pour l’année qui vient. Ainsi, «sauf nouvelles perturbations de l'économie mondiale, le commerce mondial des marchandises devrait retrouver sa trajectoire normale à la hausse jusqu'à la fin de 2010, même si un certain écart par rapport à la tendance antérieure persistera pendant un certain temps.» Et les prévisions de l’Organisation mondiale du commerciale tablent que «les exportations mondiales en volume progresseront de 9,5% cette année, avec un taux de 7,5% pour les économies développées et de 11% pour le reste du monde (…). Cette projection repose sur l'hypothèse d'une reprise de la croissance du PIB mondial conforme à ce que l'on s'accorde à prévoir (2,9% aux taux de change du marché), ainsi que d'une stabilité des prix du pétrole et des taux de change.»

Pour autant, le rattrapage vis-à-vis de la situation antérieure à la crise ne se fera pas du jours au lendemain: «un taux de croissance du commerce de 9,5% ne suffirait pas à rétablir cette année les niveaux d'avant la crise, et même celui de 11% prévu pour les pays en développement ne ferait pas l'affaire. Cependant, deux années de croissance à ce rythme permettraient de dépasser les sommets de 2008. Les économies développées, par contre, auraient besoin de trois ans de croissance pour y parvenir.»

Louis-Jean de Hesselin

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vendredi 26 mars 2010

Economie - Social

Réformes: après l’ère économique, la Chine serait dans l’ère sociale avant d’entrer dans l’ère politique

Selon la presse chinoise, la nouvelle priorité du gouvernement et du parti communiste est de mettre en place la réforme sociale pour que les fruits du développement économique profitent à tous.

Les dernières déclarations des responsables gouvernementaux et les travaux de l’Assemblée nationale populaire ont montré que la Chine veut entrer dans l’ère des réformes sociales dans un pays où la formidable croissance économique a accouché d’énormes disparités et inégalités sociales. Citant les experts, la presse chinoise se fait l’écho de cette nouvelle ère comme l’explique China Newsweek: «La réforme de la Chine se divise en trois étapes: démarrée par la réforme économique, percée par la réforme sociale et approfondie par la réforme politique. Le rapport de travail du gouvernement chinois annoncé le 5 mars 2010 signifie que la Chine est déjà entrée dans la phase de la réforme sociale qui durera une dizaine d’années».

Si cela est vrai, on devrait donc voir une panoplie de mesures sociales dans les années qui viennent mais pas de libéralisation politique en vue, libéralisation qui serait entreprise après 2020. Une ère sociale qui est, selon Outlook Weekly, indispensable: «Cette année, le gouvernement central a donné une priorité à la protection sociale et à l’amélioration des conditions de vie du peuple. Le gouvernement chinois commence à mettre l’accent sur la vie du peuple (…), le mot clé d’aujourd’hui est l’équité. En comparant l’objectif de la réalisation complète d’une société relativement aisée en 2020 avec les demandes du peuple ainsi que les distances actuelles, le gouvernement central et les gouvernements locaux ont ressenti une pression sans précédent».

China Newsweek explique le pourquoi de cette inflexion du pouvoir: «Après 30 ans de réforme économique, la Chine a connu un très grand essor, mais l’ancien modèle de croissance est arrivé à sa fin, les grands écarts entre les riches et les pauvres, les corruptions et les malversations ininterrompues, les contradictions plus intenses ainsi que les accidents de masses très fréquents, constituent des épreuves sévères pour la capacité de gouvernance du gouvernement chinois».

Alexis Levé

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jeudi 25 mars 2010

Economie

La lutte contre la corruption en 2010 se focalisera sur les entreprises d’Etat, les institutions financières et les programmes publics

Le Premier ministre chinois a déclaré que le gouvernement allait intensifier sa lutte contre la corruption dans certains secteurs qui y sont plus sensibles.

Wen Jiabao, le Premier ministre chinois, a indiqué que la lutte contre la corruption aurait comme tâche principale en 2010 de contrôler les programmes financés par le gouvernement, les entreprises d'Etat et les institutions financières. Mais il a également affirmé que le gouvernement s’attaquerait à l’amélioration du système budgétaire et des procédures administratives tout en s'assurant d'une gouvernance propre de la part des fonctionnaires. Selon lui, tous ces secteurs sont particulièrement sensibles à la corruption et à «l’application injuste des lois et une gouvernance inefficace». Vaste programme dans un pays où la bureaucratie et la corruption fleurissent sur un système centralisé trop lourd pour remplir correctement sa tâche et qui ne peut de ce fait, paradoxe, empêcher les fonctionnaires locaux de régner en maîtres dans les provinces et, pour nombre d’entre eux, de se remplir les poches.

Alexandre Vatimbella

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mercredi 24 mars 2010

Economie

Wen Jiabao plaide pour un développement de la demande intérieure

Pour le Premier ministre chinois, la crise a révélé l’importance de changer le mode de croissance du pays.

«Nous devons passer de la dépendance de l'économie à la demande extérieure au soutien de la demande intérieure et intensifier nos efforts afin de réduire l'écart entre les régions ainsi qu'entre les zones urbaines et rurales». Voilà le nouveau crédo de la politique chinoise que le Premier ministre, Wen Jiabao, a rappelé lors d’une rencontre avec des étrangers. Selon lui, cette réorientation de la croissance chinoise vers un développement de la demande intérieure a déjà commencé ce que contestent de nombreux experts ainsi que les gouvernements occidentaux qui estiment que les exportations sont encore le moteur principal du développement économique de la Chine, certains affirmant même que les excédents de la balance commerciale chinoise sont sciemment sous-évalués par les autorités de Pékin afin d’éviter de devoir réévaluer le yuan. Encore faut-il, par ailleurs, s’entendre sur le développement récent de cette demande intérieure dont parlent les dirigeants chinois. Celui-ci ne provient, en réalité, majoritairement que des centaines de milliards de dollars injectés par le gouvernement pour soutenir l’activité lors de la crise économique de 2008-2009.

Alexandre Vatimbella

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mardi 23 mars 2010

Mondialisation - Internet

Google quitte la Chine sans la quitter…

Depuis aujourd’hui, le moteur de recherche américain a cessé de fonctionner en Chine et redirige ses visiteurs vers son site en chinois de Hong Kong tout en maintenant une présence commerciale sur le territoire chinois.

On a beau être Google et se parer de l’étendard de la liberté d’expression (après, néanmoins, des années d’acceptation de la censure chinoise), «business is business». Ainsi, après les attaques de hackers sans doute dirigés par les autorités de Pékin, le moteur de recherche américain avait entamé un bras de fer avec le gouvernement chinois, exigeant de ne plus être assujetti à la censure sur les recherches effectuées par les visiteurs de son site. Mais la Chine est demeurée inflexible. Google a alors menacé de quitter l’internet chinois pour protester contre cette atteinte intolérable à la liberté d’expression. Après des semaines d’hésitation, les dirigeants de Google ont donc décidé de fermer le site en Chine et de rediriger ses clients sur le site à Hong Kong en chinois et non censuré attendant de voir ce que va faire le gouvernement chinois. Celui devrait sans doute réagir négativement à cette tentative de contourner la loi. Pour autant, cette «sortie honorable» du marché chinois ne concernera pas les services commerciaux du géant américain de l’internet qui va continuer à vendre des espaces commerciaux sur un marché de près de 500 millions d’internautes. Du coup, si cette position est confirmée dans les jours à venir, la liberté sera sacrifiée sur l’autel des profits. Une attitude somme toute normale pour une société commerciale même si on s’appelle Google et que l’on se prétend différent des autres.

Alexandre Vatimbella

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lundi 22 mars 2010

Economie

La Chine prend de plus en plus pied dans l’Extrême-Orient russe

En signant quinze accords de coopération à Vladivostok, les Chinois s’installent dans la région frontalière avec la Russie. Un bol d’air pour la région mais aussi une inquiétude certaine.

On ne sait pas combien de Chinois travaillent en Extrême-Orient russe. Tout ce que l’on sait, c’est qu’ils sont très nombreux, que les entrepreneurs russes les font venir en masse et que les autorités chinoises ne sont pas malheureuses de laisser traverser la frontière à ces masses de travailleurs qui échappent ainsi au chômage. Mais dans une Russie très nationaliste, des voix s’élèvent pour s’inquiéter de cette forme de colonisation d’autant que le déclin historique de la démographie russe ajoute à ces craintes.

Reste que la manne financière chinoise est néanmoins la bienvenue. Ainsi, la Chine et la Russie viennent de signer quinze accords de coopération économique à Vladivostok pour un montant de 1,6 milliard de dollars. Ces accords concernent les secteurs technologiques, énergétiques et des infrastructures.

Alexandre Vatimbella

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dimanche 21 mars 2010

Mondialisation - Commerce

L’OMC craint une renonciation de la coopération internationale

La crise économique et financière s’éloigne, les différends commerciaux augmentent, voilà des raisons pour bloquer la construction d’un système commercial multilatéral. Ce qui aurait des conséquences graves selon Pascal Lamy, le directeur de l’Organisation mondiale du commerce.

Lors d’un discours au Costa Rica, Pascal Lamy, le directeur de l’OMC (Organisation mondiale du commerce) a fait part de ses craintes face à la possibilité d’un repli des nations vis-à-vis de la construction d’un système commercial multilatéral dont l’impossibilité de conclure le Cycle de Doha (mise en place d’une zone mondiale de libre-échange) en serait une preuve.

Il a ainsi déclaré que «le Cycle de Doha n’est pas une île dans un océan de possibilités — un échec du Cycle aurait des conséquences sur les efforts de coopération présents et futurs, et pas seulement dans le domaine de la politique commerciale. Dans notre monde interconnecté, les pays ne peuvent pas faire cavaliers seuls et ignorer les répercussions qu’aurait un mépris de la coopération internationale.»

Il a ajouté que «le défi pour tous les gouvernements est de rester ouvert, malgré les pressions protectionnistes qui risquent de perdurer si la reprise naissante s'avère fragile, ou si le chômage reste obstinément élevé. Nous devons rester vigilants afin de maintenir des voies commerciales ouvertes».

Jean-Louis Pommery

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vendredi 19 mars 2010

Mondialisation - Monnaie

La guerre du yuan est définitivement lancée

Les Etats-Unis ont décidé de passer à l’offensive contre la devise chinoise. Chaque camp se mobilise et mobilise ses alliés. C’est le «miracle» chinois qui est sur la sellette.

Une monnaie sous-évaluée a été une des armes principales de la Chine pour conduire son formidable développement. Telle est la thèse des Etats-Unis, partagée par l’Europe et d’autres dont le Fonds monétaire international (FMI). Une monnaie faible est la réalité d’un pays émergent qui est encore sous-développé dans de multiples domaines et une appréciation du yuan serait dangereux pour la Chine. Telle est la réponse du gouvernement chinois et de ses partisans dont la Conférence des Nations unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED). Thèse et antithèse, dans tout devoir estudiantin il y a la synthèse. Celle-ci aura beaucoup de mal à être consensuelle si l’on en croit les déclarations de plus en plus virulentes de chaque camp. Car si les Etats-Unis ont raison de dénoncer la sous-évaluation du yuan (aussi appelé renminbi), la Chine peut également se défendre en démontrant que l’extrême pauvreté encore si présente dans certaines régions du pays justifient un taux de change si bas de sa monnaie.

Pour autant, si ce taux de change n’était pas contrôlé par les autorités de Pékin, il est évident que la devise chinoise serait rapidement réévaluée entre 20% et 40% par le fait même du jeu du marché des changes. Et pour Dominique Strauss-Kahn, le directeur du FMI, «Il est inévitable que dans certains cas, les taux de change devront s'apprécier. (…) C'est le débat bien connu autour de la Chine et de la valeur du renminbi (ou yuan), et l'avis du FMI est toujours que le renminbi est très sous-évalué». De son côté, le Sénat des Etats-Unis préparent une loi pour sanctionner les pays qui manipulent leur monnaie (c’est-à-dire la Chine). Car, comme le prétend le sénateur de l’Etat de New York, Charles Schumer, «la manipulation de la monnaie chinoise a contribué à la récession mondiale et maintenant elle entrave la reprise».

De son côté, la Chine réfute ces accusations de manipulation et, par la voie de son Premier ministre, Wen Jiabao, a contre-attaqué devant les menaces américaines: «Ce genre de pratiques n'est pas dans l'intérêt d'une réforme du régime du taux de change du renminbi». Quant à la CNUCED, elle estime qu’ «attendre que la Chine laisse sa monnaie à la merci de marchés peu fiables en risquant un choc d'appréciation comparable à celui du Japon fait fi de l'importance de sa stabilité pour la région».

Reste à savoir qui va sortir gagnant de ce bras de fer. La Chine aura beaucoup de mal à refuser tout geste. Sera-t-il suffisant? Rien n’est moins sûr. Mais ce geste pourrait également couper l’herbe sous le pied des Occidentaux et… être bénéfique à la Chine en l’obligeant à rééquilibrer sa croissance en développant enfin sa consommation intérieure de manière significative.

Alexandre Vatimbella

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jeudi 18 mars 2010

Bric-Finance

Les investisseurs s’intéressent de plus en plus à la Russie

Parmi les marchés financiers des pays du Bric, c’est celui de la Russie qui attire le plus les investisseurs ces derniers mois.

Selon une étude de la société EPFR Global, le marché financier de la Russie aurait attiré depuis le début 2010, 900 millions de dollars d’investissements étrangers contre 83 millions de dollars pour celui de la Chine, 67 millions de dollars pour celui de l’Inde et 47 millions de dollars pour celui du Brésil. Cela représente 12,12% des capitaux investis sur les marchés émergents. Ce montant et ce pourcentage sont à mettre en relations avec la hausse importante de l’indice RTS de la Bourse de Moscou ces dernières semaines mais également des très bons chiffres de l’économie russe qui ont permis au gouvernement de revoir à la hausse le taux de croissance du PIB pour 2010. Selon EPFR Global, les investissements ne se font plus uniquement dans le secteur des matières premières mais aussi dans ceux de la finance, de la distribution, de l’électricité et des télécommunications.

Louis-Jean de Hesselin

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mercredi 17 mars 2010

Economie

La Banque mondiale prédit une croissance chinoise de 9,5% en 2010

Dans son nouveau rapport sur la Chine publié aujourd’hui, l’organisation financière internationale se veut optimiste sur l’économie du pays sans nier les risques qui planent sur sa santé.

Selon Ardo Hanson, chef économiste spécialisé des questions chinoises à la Banque mondiale, la Chine devrait connaître «une croissance de son PIB de 9,5% cette année avec des changements dans sa structure. Les investissements publics devraient diminuer mais les exportations devraient continuer à augmenter grâce à la reprise mondiale, le secteur immobilier devrait croître fortement et la consommation intérieure devrait demeurer solide».

Le rapport que publie aujourd’hui la Banque mondiale sur la Chine estime également que les tendances inflationnistes vont réapparaitre en 2010 mais ne devraient pas être fortes malgré ce que l’on constate actuellement. En outre, l’excédent commercial du pays devrait se maintenir même si le futur des exportations à moyen terme n’est pas assuré.

Les experts de l’organisation financière mondiale mettent par ailleurs en garde les autorités chinoises sur les risques de bulle spéculative dans l’immobilier et sur l’état délicat des finances des régions.

Au niveau national, la Banque mondiale préconise une politique budgétaire plus neutre fiscalement, un nouveau resserrement du crédit ainsi qu’un taux de change du yuan plus strict et, au niveau local, une diversité des revenus plus grande pour les budgets locaux.

Alexandre Vatimbella

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lundi 15 mars 2010

Mondialisation - Economie

La langue de bois de retour à Pékin

Attaquée de plus en plus pour son arrogance et sa rigidité en matière économique, la Chine a formaté un discours dans la plus pure tradition de la langue de bois des années 1950-1960. En témoigne les récentes interventions de Wen Jiabao, le Premier ministre chinois.

La Chine n’est pas arrogante, elle est un pays en développement victime des méchants Etats-Unis et de leurs alliés qui veulent sa perte, elle est encerclée par des ennemis alors qu’elle ne veut que le bonheur de la planète, elle ne se développera jamais sur le dos d’aucun autre pays, sa politique économique n’est pas négociable mais juste, sa souveraineté ne souffre aucune discussion et ce sont les autres qui devraient faire des efforts pour suivre le modèle chinois. Depuis plus d’un an, le gouvernement communiste de Pékin a développé un discours à la fois offensif et de plomb allant répétant les mêmes affirmations avec une sûreté de plus en plus forte d’un acteur qui maîtrise de mieux en mieux son rôle. C’est encore celui-ci que le Premier ministre, Wen Jiabao, en parfait apparatchik d’un Parti communiste chinois, a délivré ces derniers jours lors de la session de l’Assemblée populaire. Un discours qui s’accompagne, à chaque fois, d’une déformation des faits comme c’est le cas sur le taux de change du yuan artificiellement et autoritairement maintenu à un niveau très bas, yuan qui, selon Wen Jiabao est à sa vraie valeur ce qui ne serait pas le cas des autres monnaies mondiales. Sans parler du fait que la Chine parle comme une grande puissance mondiale, exigeant ainsi tous les droits liés à ce statut tout en continuant à se positionner comme un pays en développement pour en refuser tous les devoirs! Son comportement lors de la conférence sur le climat de Copenhague en est un exemple emblématique.

Nier avec aplomb la réalité – ce qui rend impossible toute négociation - a toujours été une des caractéristiques des systèmes autoritaires, voire totalitaires. Alors que la Chine avait semblé prendre un tournant au début des années 2000, après sa régression due aux événements de la place Tien Amen en 1989, sa montée en puissance en matière économique a permis aux dirigeants communistes de dire tout haut ce qu’ils ont toujours pensé tout bas. Cette assurance qui s’appuie sur les taux de croissance du pays devrait interpeler les partenaires commerciaux de la Chine (soit quasiment toute la planète!) et les inciter à une plus grande concertation afin d’éviter une crise économico-diplomatique dans les mois et les années qui viennent.

D’autant que ce n’est pas l’intérêt des Chinois. Leur économie ne peut se développer que dans un cadre d’échanges internationaux tellement ils demeurent dépendants de leur modèle d’exportations à bas prix. Or, l’arrogance et la suffisance de ses dirigeants peuvent faire naître, si ce n’est déjà réaliser, un sentiment de défiance par rapport au régime en place à Pékin. Un régime dont les experts nous disaient qu’il s’ouvrirait petit à petit du fait du développement économique du pays. Or, semble-t-il, c’est le contraire qui se passe. La puissance économique de la Chine lui permet dorénavant d’être encore moins flexible qu’il y a trente ans. Ce modèle chinois, le capitalisme d’Etat dans une dictature de parti unique, n’est pas une bonne nouvelle pour le monde.

Alexandre Vatimbella

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Editorial

Et si l’on essayait d’éviter les bulles qui menacent l’économie mondiale

Au cours des dernières décennies, l’impression qui semble se dégager quant à la croissance mondiale est que celle-ci ne peut se faire que de bulles en bulles spéculatives. Le mécanisme alors est toujours le même: un secteur économique qui se développe sans commune mesure avec la réalité du marché grâce à des spéculations qui engraissent la finance mondiale, ce qui permet de faire tourner la machine économique tout entière jusqu’à l’implosion inévitable avant que tout ne recommence. Seul le secteur victime de la bulle change à chaque fois.

La bulle serait ainsi un des principaux moteurs de la croissance, sinon le principal. Que ce soit la bulle internet de la fin des années 1990 et du début des années 2000 ou que ce soit la bulle immobilière des années 2000, les Etats-Unis se sont largement nourris de ces emballements spéculatifs. La première puissance mondiale n’est évidemment pas la seule à se développer sur ces bulles spéculatives.

Ainsi, aujourd’hui, les bulles semblent se déplacer vers l’Asie et plus particulièrement vers la Chine. Si l’on craint aux Etats-Unis, dans les années à venir, une bulle sur l’industrie verte, c’est bien dans l’Empire du milieu que la machine à bulles s’est installée et bien installée. Il faut dire que tout prête à spéculation dans ce pays de joueurs invétérés. De l’immobilier aux matières premières en passant par le marché boursier. Le quotidien Le Monde, récemment, évoquait même les pratiques des éleveurs de porcs chinois qui, avec les subventions du plan de relance venues de Pékin, préféraient spéculer sur la valeur du cuivre plutôt que de moderniser leurs exploitations!

Du coup, si, de nos jours, comme on l’a dit, les bulles sont un des moteurs principaux de la croissance d’une économie (mais elles l’ont peut-être toujours été), on comprend pourquoi les gouvernements sont écartelés devant l’urgence à intervenir devant l’imminence d’un éclatement et l’impossibilité politique de tuer la poule aux œufs d’or. Avec cette idée que l’on pourra toujours s’en tirer puisque les précédents montrent que chaque éclatement de bulle n’a pas empêché les économies de rebondir jusqu’à… la prochaine bulle.

Tout cela n’est guère sain mais nous rappelle que la gestion de l’économie d’un pays est faite, en partie, sur des paris sur l’avenir couplée avec l’impossibilité de maîtriser la machine économique. Avec cette autre idée que les humains seront toujours assez intelligents pour s’en sortir.

Et si l’on décidait tout à coup que l’on pouvait utiliser cette intelligence pour éviter les bulles et conduire un développement maîtrisé de l’économie? Pas la peine de se moquer…

Alexandre Vatimbella

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samedi 13 mars 2010

Mondialisation - Finance

Les class actions contre les entreprises chinoises ayant levé des fonds à Wall Street se multiplient

Les fausses informations financières de nombre de sociétés chinoises ayant choisi de lever des fonds à Wall Street donnent lieu à de plus en plus de recours devant la justice.

Wall Street demeure une des places financières préférées des entreprises chinoises qui veulent lever des capitaux. Mais cet intérêt ne fait pas que des heureux et, selon le Financial Times, de plus en plus de recours devant la justice américaine sont déposés contre les fausses informations financières délivrées par les entreprises chinoises qui réalisent leurs premières collectes de fonds auprès du public.

Même si les class actions intentées contre des entreprises étrangères qui lèvent des fonds sur le marché financier américain se sont multipliées des dernières années, celles qui concernent les entreprises chinoises arrivent désormais en tête. Ainsi, les mensonges sur leur situation financière publiés dans les documents officiels avant la levée des fonds causent d’importants préjudices aux investisseurs que ce soit par un prix trop élevé qu’ils paient ou par l’effondrement des cours par la suite.

Pour certains experts, ces mensonges seraient souvent dus à une volonté trop rapide de faire appel à des capitaux extérieurs voire à une méconnaissance des règles à respecter. Mais c’est la méconnaissance du marché financier américain très contrôlé dans ce domaine qui est la principale cause de ces class actions contre ces patrons chinois qui pensaient pouvoir passer entre les mailles du filet.

Nicolo Morfino

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vendredi 12 mars 2010

Mondialisation - Monnaie

Barack Obama demande une nouvelle fois à la Chine de réévaluer le yuan

Le Président américain souhaite que le taux de change de la monnaie chinoise soit réajusté à la hausse pour ne pas déséquilibrer artificiellement le commerce mondial au profit des exportations venues de Chine.

La guerre sino-américaine autour du taux de change du yuan a de nouveau été rallumée par une déclaration de Barack Obama. Ce dernier a souhaité que «la Chine s’oriente vers un taux de change plus conforme au marché». Traduction, il faut que Pékin réévalue sa monnaie afin de freiner ses exportations et de permettre aux autres pays de booster les leurs. Car, pour le Président américain, «nous avons tous besoin de retrouver l'équilibre. Les pays souffrant d'un déficit extérieur doivent économiser et exporter davantage. Les pays bénéficiant d'un excédent commercial doivent stimuler la consommation et la demande intérieure».Le gouvernement chinois a immédiatement réagi en demandant aux Etats-Unis de ne pas «politiser la question du yuan». Une requête qui ne sera sans doute pas entendue à Washington qui a décidé de ne plus faire de cadeaux à la Chine alors que celle-ci connaît un nouveau boom économique et que le chômage demeure très élevé aux Etats-Unis.

Alexandre Vatimbella

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Internet

70% du temps libre des citadins chinois est consacré à l’internet

Selon une étude de McKinsey, internet est devenu le loisir numéro un des Chinois vivant dans les grandes villes du pays.

La Chine compte aujourd’hui plus d’internautes que la population totale des Etats-Unis, soit 384 millions de personnes. Et le développement de la toile chinoise est telle que, selon une étude du cabinet américain McKinsey, 70% des loisirs des citadins vivant dans les soixante plus grandes villes chinoises est consacré à surfer sur internet. Au cours de leur enquête, les experts de McKinsey ont même rencontré un couple qui avait décidé d’acheter un deuxième ordinateur – une grosse dépense pour eux – pour ne pas divorcer tellement ils se battaient pour aller sur internet! Les Chinois utilisent d’ailleurs plus internet pour leur plaisir que pour leur travail. Ils jouent à des jeux en ligne (ils sont les premiers consommateurs mondiaux dans ce domaine), regardent des films, téléchargent de la musique ou font des achats en ligne. Un Chinois sur cinq âgé entre 18 et 44 ans n’achète jamais un produit ou un service avant d’aller voir s’il est en vente sur internet. Et les achats en ligne ont doublé en 2009. Du coup, la publicité sur internet a connu une croissance de 20 à 30% l’année dernière pour un chiffre d’affaire estimé à trois milliards de dollars.

Alexandre Vatimbella

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jeudi 11 mars 2010

Mondialisation - Economie

Les milliardaires du Bric se portent bien

En 2009, la revue américaine Forbes dénombre 1.011 milliardaires dans le monde soit 218 de plus qu’en 2008. Quant à leur richesse cumulée, elle a fait un bond de 1.200 milliards de dollars pour s’établir à 3.600 milliards de dollars.

Ils sont 64 Chinois (les plus nombreux après les Américains), 62 Russes, 49 Indiens et on compte dans les dix premiers deux Indiens et un Brésilien, les milliardaire des pays du Bric (Brésil, Russie, Inde, Chine) vont bien, merci pour eux! Après une année 2008 «catastrophique», le célèbre classement de la revue américaine Forbes pour 2010 (qui prend en compte les fortunes de 2009) montre que, non seulement, les milliardaires ont augmenté par rapport à l’année dernière (sans toutefois revenir à leur nombre d’avant la crise économique et financière mondiale pour l’instant) mais que, pour beaucoup d’entre eux, leur fortune a fait un bon gigantesque. Le gagnant du jackpot dans ce domaine est le brésilien Eike Batista dont la fortune a augmenté de 19,5 milliards de dollars et qui se classe désormais huitième avec un patrimoine estimé à 27 milliards de dollars.

Si les Américains sont encore les plus nombreux dans cette liste (403), ils ne détiennent plus la première place qu’ils trustaient depuis 1994 sans interruption. C’est ainsi un ressortissant d’un pays émergent, le Mexique, qui est l’homme le plus riche du monde. Il s’agit de Carlos Slim qui détient un empire de tout et n’importe quoi dont dans le secteur des télécoms et dont la fortune est de 53,3 milliards de dollars. Il devance les deux dinosaures américains de ce classement, Bill Gates (53 milliards de dollars) et Warren Buffett (47 milliards de dollars). A noter, tout de même, que sans ses dons à des œuvres caritatives, la fortune de Bill Gates se monterait aujourd’hui à 80 milliards de dollars!

Jean-Louis Pommery

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Voici les dix premiers de la liste:
1- Carlos Slim (Mexique), 53,3 mds $
2 – Bill Gates (Etats-Unis), 53 mds $
3 – Warren Buffett (Etats-Unis), 47 mds $
4 – Mukesh Ambani (Inde) 29 mds $
5 – Lakshmi Mittal (Inde), 28,7 mds $
6 – Lawrence Ellison (Etats-Unis), 28 mds $
7 – Bernard Arnault (France), 27,5 mds $
8 – Eike Batista (Brésil), 27 mds $
9 – Arnancio Ortega (Espagne), 25 mds $
10 – Karl Albrecht (Allemagne), 23,5 mds $

mercredi 10 mars 2010

Mondialisation - Monnaie

La Chine veut maintenir un taux de change «fondamentalement stable» du yuan

Le Premier ministre chinois l’a redit une nouvelle fois. Le gouvernement ne réévaluera pas le yuan et souhaite, en plus, que celui-ci joue un rôle international de plus en plus important. Une contradiction qui sera difficile à mettre en œuvre et une position tout aussi difficile à garder devant l’hostilité de plus en plus grande des pays développés.

Wen Jiabao, le Premier ministre chinois, a redit une nouvelle fois que le gouvernement n’avait pas l’intention de réévaluer le yuan. Devant l’Assemblée populaire nationale, lors d’un discours présentant le rapport d’activité de son équipe, il a affirmé que la Chine poursuivra ses efforts «pour perfectionner le mécanisme de formation du taux de change du renminbi (autre nom du yuan) de manière à le maintenir à un niveau équilibré et rationnel et à préserver globalement sa stabilité».

Mais cette position intransigeante sera difficile à tenir si la croissance chinoise s’envole. C’est sans doute pourquoi le gouvernement ne parle officiellement que d’une croissance de 8%, ce qui lui permet de continuer à prétendre qu’une réévaluation de la monnaie pourrait conduire à détruire le développement économique du pays. De même, la volonté des autorités de faire du yuan une devise internationale semble incompatible avec la fixation autoritaire de son taux de change. L’année 2010 pourrait ainsi être une année charnière dans ce domaine malgré la volonté de Pékin de ne rien changer et au profit des pays mécontents de la politique chinoise dans ce domaine, au premier rang desquels se trouvent les Etats-Unis.

Alexandre Vatimbella

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lundi 8 mars 2010

Mondialisation - Internet

Affaire Google: le gouvernement chinois veut-il négocier?

Alors que les autorités ont affirmé vouloir punir les cyberattaques contre le moteur de recherche américain si des preuves leur étaient transmises, Google réfléchit toujours à son avenir en Chine.

Google a réaffirmé qu’il ne se soumettrait plus à la censure actuelle en Chine sur ses activités internet. Une déclaration qui vient au moment où le gouvernement chinois a indiqué n’avoir reçu aucune demande de négociations de la part du moteur de recherche américain à ce sujet. Néanmoins, le fait qu’il parle de négociations – alors que celles-ci avaient été évoquées du côté de Google dès le mois de janvier - pourrait laisser penser que Pékin serait ouvert à un compromis.

C’est sans doute dans ce sens qu’il faut interpréter la volonté affichée des autorités chinoises de punir les responsables du piratage de Google si des preuves leur étaient fournies. Rappelons, toutefois, que le gouvernement américain a fait savoir que deux écoles d’ingénieurs, dont une travaillant avec les universités américaines, avaient été identifiées comme étant les sources d’où provenaient les attaques contre Google ce qu’a démenti catégoriquement le gouvernement chinois.

Reste que l’on voit mal la Chine supprimer la censure sur Internet alors qu’elle l’a renforcée cette dernière année et qu’elle se méfie de plus en plus de la toile en tant que lieu d’expression politique libre. Du coup, si le moteur de recherche américain demeure sur ses positions, il devrait normalement cesser ses activités sur le territoire chinois à court terme. C’est d’ailleurs le sentiment partagé par des employés de Google Chine qui ne voient pas comment un compromis pourrait être trouvé si les deux parties demeurent sur leurs positions.

Alexandre Vatimbella

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Mondialisation - Economie

Indicateurs composites de l’OCDE: la reprise économique se raffermit

Selon les données publiées par l’organisation internationale, le mois de janvier confirme les signes de reprise économique mondiale.

Les nouveaux indices composites pour le mois de janvier 2010 que vient de publier l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économique) confirment la réalité d’une reprise économique mondiale même si, pour ce début d’année, ce sont les pays développés qui montrent une vigueur plus forte que les pays émergents qui, eux, étaient sortis de la crise plus tôt.

Ainsi, L'indicateur composite avancé pour les Etats-Unis a augmenté de 0,9 point en janvier par rapport à décembre et de 11 points sur un an. Celui de la zone euro gagné 0,6 point sur un mois et 12,5 points sur un an. En Chine, l'indicateur est aussi en hausse de 0,1 point sur un mois et de 8,4 points sur un an. En revanche, l’Inde (baisse de l’indice sur un mois de 0,1 point) et le Brésil (baisse de l’indice de 0,2 point sur un mois) ont marqué quelque peu le pas.

Louis-Jean de Hesselin

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dimanche 7 mars 2010

Mondialisation - Internet

Affaire Google: les Etats-Unis vont-ils porter plainte contre la Chine devant l’OMC?

Le gouvernement américain hésite à porter les problèmes de censure d’internet en Chine devant l’Organisation mondiale du commerce comme lui demande les dirigeants du célèbre moteur de recherche.

L’Administration Obama étudie en ce moment la possibilité de porter plainte devant l’OMC (Organisation mondiale du commerce) au sujet de la censure qui frappe le moteur de recherche Google sur l’internet chinois. Les dirigeants de ce dernier sont d’ailleurs favorables à cette démarche qui aurait certainement pour conséquence de tendre un peu plus les relations difficiles entre les Etats-Unis et la Chine actuellement. Ils auraient même fait une demande officielle en ce sens auprès de la Maison Blanche.

L’argumentation que les Américains pourraient développer est que la Chine entraverait les règles internationales de libre concurrence en la matière car la censure institutionnalisée par les autorités politiques aurait pour but de pénaliser les entreprises étrangères, et de favoriser, en retour, les entreprises chinoises, comme le moteur de recherche Baïdu. Evidemment la censure chinoise est avant tout politique mais elle a des implications – voulues ou non – sur le plan commercial en empêchant les entreprises étrangères présentes sur la toile chinoise de proposer leurs services dans toute leur étendue et, donc, d’être concurrentielles par rapport aux entreprises nationales.

Rappelons que l’affaire Google a débuté en Chine lorsque le moteur de recherche américain a découvert qu’on l’avait piraté notamment pour ouvrir des boites aux lettres de son service gmail. Un piratage que Washington a identifié comme venant de deux écoles chinoises ce qu’a démenti avec force Pékin. Suite à ce piratage, Google avait menacé de quitter l’internet chinois avant que l’affaire ne prenne une dimension politique avec l’intervention du gouvernement américain en faveur du moteur de recherche. Pour l’instant, Google est toujours présent en Chine et Washington étudie sa réponse et la graduation de celle-ci.

Alexandre Vatimbella

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samedi 6 mars 2010

Développement - Technologies

Hu Jintao réaffirme la nécessité d’un développement technologique de la Chine

Le Président chinois a, une nouvelle fois, déclaré que le pays devait changer son mode de croissance grâce à la technologie pour franchir un nouveau palier.

Les autorités chinoises savent que le pays possède un retard important en matière technologique vis-à-vis des pays développés. Depuis des années, la Chine tente d’acquérir les technologies de dernière génération auprès des occidentaux et du Japon. En vain. Que ce soit en proposant de les acheter, de créer des joint-ventures entre sociétés occidentales ou chinoises, de les acquérir par l’espionnage industriel ou d’obliger les entreprises qui passent de gros contrats avec la Chine de dévoiler leur savoir-faire, le gouvernement utilise tous les moyens possibles et imaginables. Jusqu’à présent, tous ces efforts n’ont pas permis un rattrapage conséquent.

Pour passer à une croissance sur la production de biens et de services à forte valeur ajoutée, la Chine doit absolument faire un bond technologique ces prochaines années. D’où la réaffirmation, une nouvelle fois, par Hu Jintao, le président chinois, de l’obligation pour la Chine de «développer davantage de technologies pour soutenir la transformation de son mode de croissance économique et sa restructuration économique». Au cours du même discours, tenu devant l’Assemblée populaire de la province du Jiangsu, il a appelé à «établir un système d'innovation technologique orienté vers le marché, dans lequel les entreprises joueraient un rôle important», selon l’agence de presse officielle Xinhua. Il a également expliqué que «les établissements d'enseignement supérieur et de recherche devaient jouer un rôle plus important dans l'innovation scientifique et technologique».

Alexandre Vatimbella

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vendredi 5 mars 2010

Croissance

Les 8% magiques de la croissance chinoise

Depuis les années 1980, le gouvernement chinois est obsédé par une croissance d’au moins 8 points par an qui n’est rien d’autre qu’un chiffre fétiche.

En 2010, le gouvernement de la Chine tablera sur une croissance de 8% du PIB comme va l’annoncer le Premier ministre, Wen Jiabao. Un chiffre qui va en surprendre plus d’un puisque les organismes internationaux et les experts chinois eux-mêmes estiment que cette croissance pourrait atteindre plus de 9%, voire un taux à deux chiffres.

Sans doute que le Parti communiste chinois veut être prudent devant les craintes d’une reprise mondiale trop molle et l’éclatement possible de bulles spéculatives en Chine même. Mais ce chiffre a quelque chose d’irrationnel qui ne manque pas d’étonner car il ne correspond à aucun calcul scientifique. Selon les Chinois, 8% permettrait une croissance qui garantit un taux de chômage bas et un développement plus ou moins harmonieux du pays. Mais il faut se rappeler qu’il a été lancé au hasard voici près de trente ans lorsque Deng Xiaoping avait demandé à son gouvernement de lui dire quelle était la croissance nécessaire à la Chine pour sortir de son sous-développement et que la réponse de ses collaborateurs avait été, sans aucune étude sérieuse, 8%...

Alexandre Vatimbella

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jeudi 4 mars 2010

Social

Les autorités chinoises veulent réduire les inégalités sociales en 2010

C’est le serpent de mer en Chine, la mise en place d’une politique plus sociale pour les populations rurales et les pauvres citadins. Mais les mesures présentées par les autorités demeurent très floues.

L’Assemblé populaire nationale, le parlement chinois, a décidé de s’attaquer aux inégalités sociales en 2010. Un problème qui préoccupe chaque année les autorités chinoises alors que la forte croissance du pays bénéficie à la classe moyenne et surtout de plus en plus aux plus riches, un nombre croissant de milliardaires en étant la preuve. Les grognes dans les campagnes et la pauvreté des travailleurs migrants des villes font néanmoins craindre aux dirigeants du pays une explosion sociale qui n’a pas encore eu lieu. Afin d’éviter qu’elle ne survienne, ils ont décidé de s’attaquer une nouvelle fois à cette situation s’en pour autant prendre le mal à la racine par une large politique à court terme de redistribution. Ce sont les effets de ces inégalités qui seront d’abord traitées et un rattrapage sur le long terme qui est privilégié. Ainsi, les prix des denrées alimentaires seront relevés autoritairement en 2010, plus de prêts bancaires seront réservés au monde rural et des subventions seront accordées aux agriculteurs qui veulent moderniser leurs équipements. Dans le même temps des mesures seront prises en faveur des chômeurs, des mécanismes de négociations salariés-employeurs seront mises en place et le salaire minimum sera promu auprès des autorités locales. En outre, une vigilance sur les profits des entreprises et une réforme de la fiscalité seront mises en œuvre. Mais, pour toutes ces mesures, les détails concrets manquent d’autant que le gouvernement ne souhaite pas casser la croissance en faisant porter le fardeau d’une politique sociale sur les classes moyennes et riches. Du coup, cette volonté d’instaurer plus de social dans la société chinoise risque de n’être qu’un vœu pieu.

Alexandre Vatimbella

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mardi 2 mars 2010

Economie

Le dilemme chinois de prêter moins tout en prêtant assez

Une des difficultés du gouvernement chinois sera d’éviter que le crédit bancaire menace la croissance tout en la soutenant…

Les experts et le gouvernement chinois semblent avoir pris la mesure des dangers du crédit pour tous initié l’année dernière pour soutenir l’activité. Mais comment faire pour fermer les vannes du crédit tout en les laissant ouvertes?! Plus sérieusement, comment éviter qu’un trop grand nombre de prêts bancaires ne conduisent à de l’inflation, à une bulle financière et à de graves problèmes pour les établissements qui ont prêté à tout va sans vérifier la solvabilité de leurs clients tout en évitant qu’un assèchement du crédit ne plombe la croissance. Cette quadrature du cercle – comment éviter de trop prêter tout en prêtant assez – sera un des principaux défis des autorités. Comme l’explique Li Daokui de l’université Tsinghua, «En ce qui concerne la politique monétaire, si les banques continuent à ouvrir des crédits d'une manière généreuse, cela peut engendrer de l'inflation, mais si le gouvernement resserre trop vite sa politique monétaire, l'économie peut retomber dans une phase de récession». Pour tenter de concilier l’inconciliable, un resserrement du crédit a déjà eu lieu mais des consignes ont été données pour que les PME soient les principales bénéficiaires de prêts sans restriction.

Alexandre Vatimbella

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lundi 1 mars 2010

Economie

Wen Jiabao pointe les faiblesses de l’économie chinoise

Lors d’une réunion du gouvernement chinois, le Premier ministre a souhaité des «efforts vigoureux» pour adapter l’économie du pays aux défis qui se présentent à elle.

Pour Wen Jiabao, le Premier ministre chinois, l’économie du pays souffre de nombreux maux et doit entreprendre «des efforts vigoureux» afin de «stimuler la demande nationale, optimiser la structure industrielle, réduire les surcapacités, éliminer les productions rétrogrades, encourager les regroupements, promouvoir l'innovation technologique et approfondir la réforme, afin de faciliter le changement du mode de développement». Un vaste programme qu’il estime nécessaire d’autant que le pays ne pourra compter sur le moteur des exportations comme auparavant suite au ralentissement économique mondial qui devrait se poursuivre en 2010 et peut-être dans les années à venir et qu’il souffre d’une surcapacité industrielle tout droit issue des largesses du crédit consenties en 2009 par les banques chinoises et imposées par les autorités afin de soutenir artificiellement l’activité.

Un des axes pour adapter l’économie passe par une restructuration pour donner un nouveau souffle à dix secteurs prioritaires que sont l'automobile, la sidérurgie, l'informatique, la logistique, le textile, les métaux non ferreux, la pétrochimie, la fabrication de bien d'équipement, la construction navale et l'industrie légère. Un programme que Wen Jiabao veut mettre en route le plus tôt possible

Alexandre Vatimbella

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